« L’enracinement de l’Art et son envol ! »

La bonne dose de vaillance et d’intrépidité des uns et des autres, a fait prendre racine au festival Mantsina sur scène, dans une sphère peu propice à l’éveil artistique et où la culture ne suscite aucun éveil de la part des pouvoir public. La jeune fille à quinze ans peut donner vie. En quinze années au service de l’Art, Mantsina a donné des vies. Des comédiens, des scénographes, des régisseurs, des danseurs, des professionnels, aujourd’hui renommés, sont sortis des entrailles de Mantsina.  À la suite de Sony Labou Tansi, nous pouvons clamer, sans fausse modestie que Mantsina est un pourvoyeur de talents et de rêves! Quinze ans, ce n’est pas encore le bonheur mais une consolation pour Mantsina d’avoir embrigadé dans un domaine aussi vaste et difficile qu’est la Culture, des milliers de passionnés qui ont foulé le tapis vert de Mantsina. Oui, à Mantsina le tapis est vert. Le vert imbibé de chlorophylle, qui distille l’engouement, la détermination d’aller loin, à tous ceux et celles qui foulent le sol Mantsina.  Le tapis vert qui donne à tout artiste qui fait escale à Mantsina, un courage fou et une volonté farouche, qu’on ne trouve nulle part  ailleurs, de s’enraciner dans l’art quelles que soient les sinuosités du chemin à arpenter. Quinze ans, ce n’est pas encore le bonheur mais une résolution pour Mantsina de prêter mains fortes aux artistes afin de mieux écouler leurs talents et leurs créations, car on ne sort pas indemne de Mantsina. Mantsina vous reçoit à bras ouverts, vous ouvre les portes vous laisse également des séquelles. Des séquelles de notoriété, une reconnaissance planétaire. Les victimes ne sont plus à compter ! Contrairement à Tchicaya U Tam’si qui déclarait  être un «mauvais sang», Marie José de Heredia un «déshérité», en terre Mantsina, bon nombre d’artistes ont vu leur horizon dégagé de tout brouillard après leur passage sur le tapis vert. Quinze ans, ce n’est pas encore le bonheur mais une envie pressante et vitale de tendre un gilet de sauvetage à Mantsina pour ne pas voir cette vaste écurie, qui a vu passer tant de palefreniers talentueux à son service, tomber en ruines.

L’affiche du festival Mantsina 2018

La quinzième édition du festival Mantsina sur scène sera une grande fête théâtrale qui va nécessiter l’apport de tous et une aide colossale à l’endroit de ce chantier qui est entrain de devenir une grosse industrie culturelle, à en juger par le nombre de dossier qui atterrissent dans le mail de Mantsina et de sa directrice artistique, menaçant de faire exploser les boîtes mails. Les artistes sont en manque d’espace pour exprimer leur savoir faire, écouler leurs talents et présenter leurs visions de voir le monde artistiquement en plein 21e siècle. Sans le vouloir, Mantsina est en passe de devenir la plate-forme théâtrale en Afrique. L’engouement que les artistes manifestent à fouler le tapis vert de Mantsina, même quand la direction de Mantsina annonce qu’elle ne peut pas prendre en charge une compagnie pour l’édition en cours, les artistes des dites compagnies se multiplient en quatre, payent leur billets et débarquent à Mantsina et quand ils viennent, la direction de Mantsina se plie en cinq, s’incline devant cette ferveur pour l’art et elle casse la tirelire pour loger sainement ces artistes qui s’entêtent à user leurs talons sur les planches pour la gloire de l’Art. NON, les artistes qui s’entêtent à fouler coûte que coûte le tapis vert de Mantsina ne le font pas pour récolter des cachets faramineux mais pour toucher du doigt cette fièvre théâtrale à 60o degré que les uns leur rapportent ou qu’ils ont vécu et manifeste l’envie de renouveler la dose, parce qu’à Mantsina, il y a une autre façon d’être sur les planches qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

La quinzième édition du festival Mantsina sur scène, sera une grande fête de rencontre de toutes les générations pour susciter des vocations artistiques.  Elle sera célébrée dans la ville de Brazzaville. Vive l’enracinement de l’art et son envol et que l’artiste s’entête dans son art, qu’il ancre fortement ses ventouses dans le sol artistique pour ne pas chanceler,  bien incruster les ventouses sur l’écorce, afin de résister à toutes tempêtes. Et qu’il suive à jamais la voix de son génie créateur, cette voix qui insuffle en lui une folie créatrice, qui résiste à l’usure du temps.

Et que l’Art nous parle !

Sylvie Dyclo-Pomos

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